Trois malheurs qui vont frapper l'agglomération de Vichy

Septembre 2026: les premiers abattages d'arbres ont commencé dans le bois de Charmeil. C'est le début d'une course effrénée au déboisement, derrière laquelle se profile une série de projets écocides qui sont autant de "malheurs" qui guettent l'agglomération vichyssoise. En voici un résumé.

1 - Le Contournement Nord-Ouest de Vichy (CNO), le danger le plus immédiat, est un déni démocratique, un désastre écologique et une double supercherie.
Un déni démocratique, car à la suite d'une large enquête publique où des centaines de citoyens se sont exprimés, les commissaires enquêteurs ont donné un avis défavorable à ce projet. Mais poussé par les élus locaux et suite à un marchandage politique, l'Etat l'a quand même déclaré "d'Utilité Publique" (lire ici).
Un désastre écologique, car c'est la variante la plus impactante qui a été retenue: 60 hectares de zones humides sont en zone rapprochées, dont 7,5 hectares en impact direct; en tout, 36 hectares de zones naturelles seraient détruits par le CNO, dont 15 hectares de forêts (lire ici).
Une supercherie dans la motivation de cette route, qui est foncièrement inutile en tant que "contournement", comme l'ont montré les études versées au dossier d'Enquête Publique (lire ici et ici ).
En réalité, il s'agit d'assurer la desserte routière du futur site industriel de Montpertuis (lire ici). Mais pour promouvoir ce projet dans la population, un engorgement du trafic a été savamment entretenu en laissant les poids-lourds en transit entrer dans la partie nord-ouest de l'agglomération (lire ici).
2 - La réindustrialisation du site de Montpertuis ne peut qu'être néfaste à de nombreux égards:
Par son gigantisme: au lieu d'être une réserve foncière ouverte aux initiatives entrepreneuriales, cette réindustrialisation a été conçue dès le début comme un vaste complexe industriel dédié à la chimie lourde (lire ici pour le projet initial), en partenariat avec des mastodontes (comme Michelin), peu connus pour leurs scrupules en matière d'environnement, de santé publique ou de respect du droit des peuples.
Par ses projets destructeurs de forêt: projet de raffinerie d'éthanol-bois en 2016-2018, projet de méga-scierie et de "filière-bois" dans les années 2020, il s'agit encore et toujours d'industrialiser la forêt en méconnaissant les services rendus par la nature (lire ici et ici).
Par sa pollution mal maîtrisée: jusqu'à 2003, la période d'activité industrielle précédente a profondément pollué les sols, les nappes phréatiques et la nappe alluviale. Douze ans de dépollution ont été insuffisants, à la fois pour assainir le site et ses environs, et pour éloigner tout danger d'explosion accidentelle (lire ici). On se propose donc de "rajouter de la pollution à la pollution", et ceci dans le périmètre de protection des eaux de Vichy.
3 - La destruction du bois de Charmeil est une extension consternante du projet Montpertuis. Ce n'est plus 120, mais 400 hectares qui seraient voués à l'industrialisation. Et les pertes concerneraient de vraies forêts anciennes, labellisées "coeur de nature" (lire ici).
Ces trois projets doivent absolument être combattus.
La passivité serait une faute.
Dans "MacBeth" de Shakespeare, trois sorcières prédisent à un général de province un destin de roi. Armé de la certitude d'être destiné au trône, MacBeth déclenche un engrenage sanglant pour conquérir et conserver le pouvoir.
Aujourd'hui, les habitants sont là pour déjouer les "trois sorcières", des malheurs présentés comme inévitables, mais qui ne prospèrent que sur la désinformation et l'absence de débat.






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