Menace de déforestations massives dans le bassin de Vichy
- 2 mai
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Dernière mise à jour : 28 mai

C'est l'arbre qui cache la forêt: alors que le public concentre son attention sur la réindustrialisation du site de Montpertuis et sa pollution rémanente, c'est en réalité une surface trois fois plus importante qui est menacée de déforestation, de bétonisation, et de conversion vers une activité industrielle potentiellement polluante.
L'extension inquiétante du projet d'industrialisation/d'urbanisation
Alors que le périmètre du site de Montpertuis mesure 120 hectares environ, le chiffre de 400 hectares a été cité dès les débuts, et notamment dans un document de Vichy Communauté du 20 septembre 2018.
A supposer que les 400 hectares convoités coïncident avec le périmètre Seveso (cf carte ci-dessous), il serait composé essentiellement d'espaces boisés, plus spécifiquement du bois de Charmeil. De surcroît, le Contournement Nord-Ouest de Vichy sacrifierait d'autres parties boisées, plus au nord, pour une surface supplémentaire de 10 à 12 hectares.

La photo aérienne qui suit offre un autre aperçu, photographique celui-là, des espaces forestiers qui seraient menacés par l'extension à 400 hectares du projet industriel. Les trois-quarts sont des forêts, le dernier quart des parcelles agricoles.

Menace sur le bois de Charmeil
Il est difficile de s'imaginer qu'une telle quantité de forêts anciennes puisse être rayée de la carte d'un trait de plume à l'heure de l'accélération du changement climatique en Europe et dans le monde. Le bois de Charmeil était déjà présent au moins avant les années 1930, période de l'implantation des usines de Manurhin. Il servait d'espace-tampon entre la population et les installations sujettes à explosions. Mais on sait qu'il servait la population bien au-delà de cette fonction dans la géographie industrielle du site: depuis toujours il purifie l'air, protège en son sein de précieuses ressources naturelles, abrite des zones humides, sert de corridor écologique, absorbe le carbone et contribue à stabiliser le climat.

Sa destruction serait l'un des plus importants désastres écologiques frappant le bassin de Vichy, avec la détérioration de l'eau issue de ses sources emblématiques (lire ici).
Des subventions détournées de leur objet ?
De plus, cette spoliation de nos ressources naturelles irait à l'encontre de la logique qui a justifié l'octroi de nombreuses subventions d'Etat au projet Montpertuis: l'idée de ré-utiliser un ancien site industriel afin de laisser intacts des espaces naturels jusqu'ici préservés, suivant la logique du Zéro Artificialisation Nette.
En toute logique, les crédits et aides de l'Etat au titre de la réhabilitation des friches industrielles ne devraient concerner que les parties réellement artificialisées, exclusivement sur la friche de Montpertuis elle-même.
Or, les espaces artificialisés par la précédente occupation industrielle du site ne constituent que 40% maximum des surfaces totales (cf carte plus bas), soit 48 hectares, qui ne représentent que 12% des 400 hectares visés par le projet.

Attention donc que les 48 hectares d'authentiques friches industrielles ne soient pas l'arbre qui cache la forêt d'un projet écocide sur une surface près de 10 fois plus vaste.





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